Réceptionner un DAS, c’est vérifier qu’il fait ce pour quoi il a été conçu : servir l’intérieur du bâtiment avec une cellule dominante, sans déborder sur la rue et sans dégrader la liaison montante. Les critères se fixent avant la marche et se vérifient sur la mesure, zone par zone.
1. Fixer les critères avant de mesurer
- Niveau : RSRP ou SS-RSRP minimal par zone, par exemple −95 dBm sur 95 % des points dans les bureaux ; l’objectif dépend de la bande et du service visé.
- Qualité : SINR minimal, typiquement 10 dB sur 90 % des points pour un service de données soutenu.
- Dominance : écart avec la meilleure cellule extérieure, 6 dB visés — le critère le plus exigeant en façade et aux étages élevés.
- Fuite : niveau de la cellule indoor à quelques mètres des façades, pour qu’elle ne capte pas le trafic de la rue.
- Liaison montante : puissance d’émission des terminaux cohérente avec l’affaiblissement mesuré, plancher de bruit montant sain à vide et en charge.
- Services : débits descendant et montant, latence et appels voix sur des points représentatifs.
2. Construire un parcours reproductible
Le parcours couvre les façades, où se joue la dominance, les circulations, les zones d’attente, les cages d’escalier et les ascenseurs, les sous-sols et les entrées, où se fait la transition avec la macro. Écrit et tracé sur le plan, il permet de refaire exactement la même marche après correction : c’est la condition d’une comparaison avant / après crédible.
3. Positionner sans GPS
Les plans sont calibrés sur deux repères faciles à identifier sur place — angles, piliers, portes. Les points de passage sont rapprochés aux changements de direction et la marche reste régulière : la position de chaque échantillon est interpolée entre deux points horodatés.
4. Lire les résultats
- Le plan coloré par le SINR plutôt que par le seul RSRP : un niveau élevé ne dit rien de la dominance.
- L’écart entre la cellule servante et la meilleure voisine, zone par zone.
- L’inventaire des cellules vues à chaque étage, pour identifier les macros qui entrent par les façades.
- Les événements : pollution pilote, voisine dominante, BLER élevé.
- La puissance d’émission du terminal, premier indicateur d’un problème de liaison montante.
5. Les pièges classiques
- Ne mesurer que dans les couloirs, où le DAS est toujours bon.
- Juger la couverture au RSRP sans regarder le SINR.
- Oublier la liaison montante : un DAS mutualisé peut générer de l’intermodulation passive qui relève le bruit montant dès que les porteuses sont chargées.
- Comparer des marches différentes avant et après correction.
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